conférences (2018-2019)

Posté le 18 juin 2018 @ 11:00 par asblalexandre

« La modernité de Galien, médecin grec dans l’Empire romain ».

Annie Verbanck-Piérard (Conservatrice au Musée Royal de Mariemont)

« La réflexion méthodologique autour de l’œuvre de Galien, de ses questionnements et de sa postérité permettra d’apprécier, sans anachronisme, quels furent effectivement son apport et son rôle non seulement de son vivant, depuis les gladiateurs de Pergame jusqu’aux empereurs de Rome, mais aussi, de façon plus générale, dans l’histoire des sciences et dans notre actualité ».

« Devenir médecin dans l’Egypte gréco-romaine: le témoignage des papyrus documentaires grecs »

Antonio Ricciardetto(Université Paris Sciences & Lettres, Collège de France (Paris), Ulg)

Parmi les centaines de milliers de papyrus tirés des sables d’Égypte, où le climat chaud et sec a permis leur conservation, plus de cinq cents documents écrits en grec ont un contenu médical. Datés grosso modo de la conquête d’Alexandre le Grand, en 332 avant notre ère, à l’arrivée des Arabes, en 641/642 de notre ère, ils donnent une foule d’informations sur le genre de vie, l’état sanitaire, l’alimentation, l’hygiène, les accidents, maladies et épidémies des autochtones, ainsi que sur la démographie et l’organisation de la médecine, dont ils constituent l’une des sources principales pour l’Égypte, à côté des inscriptions, des textes littéraires et des découvertes archéologiques (y compris les restes humains).

Partant du seul contrat d’apprentissage et d’enseignement de la médecine sur papyrus connu à ce jour, nous nous intéresserons aux conditions concrètes de l’accès à la profession médicale dans l’Égypte gréco-romaine. Que nous apprennent ces documents sur la formation des futurs médecins et sa réglementation ? À quel âge entrait-on d’ordinaire en apprentissage ? Où s’effectuait l’apprentissage et quelle était sa durée ? Que sait-on du contenu de l’enseignement destiné aux débutants ? C’est à ces questions que l’on tentera de répondre, en accordant en outre une attention particulière à la réception, en Égypte, du Serment d’Hippocrate (c. 460/370 av. J.-C.), qui vient de faire l’objet d’une nouvelle édition critique par Jacques Jouanna (Paris, Les Belles Lettres, 2018) et dont s’inspire le serment que prononcent encore aujourd’hui les futurs médecins, avant d’entrer dans la carrière de praticien.

 

 

 

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conférences (2017-2018)

Posté le 11 octobre 2017 @ 15:23 par asblalexandre

« Statut légal et position sociale des esclaves et des affranchis dans la cité de Delphes. Le témoignage des inscriptions ». 

Dominique MULLIEZ
(ancien directeur de l’École française d’Athènes EfA,membre correspondant de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres ; Professeur à l’université Paris-Sorbonne)

Avec plus de 1300 documents répartis sur trois siècles (de 200 av. notre ère à la fin du ier s. de notre ère le corpus des actes d’affranchissement représente l’ensemble le mieux représenté au sein du sanctuaire de Delphes. Mentionnant près de 5000 personnes libres et plus de 1400 esclaves affranchis, il nous introduit, comme l’écrivait G. Daux, « dans la connaissance familière de la communauté delphique ». Il permet non seulement de cerner le statut légal de l’esclave et de l’affranchi, mais aussi de mesurer la distance qui sépare ce statut de la position que l’on concède parfois à l’esclave au sein de l’oikos et à l’affranchi au sein de la société. Les dispositions qu’on y observe laissent voir avec quelle souplesse on gérait pratiquement les situations, quitte à déroger aux principes de la loi, des normes et des usages, comment on appliquait parfois aux affranchis les obligations et les codes en usage entre personnes libres, en les adaptant au besoin aux situations concrètes. À travers l’extrême variété des situations qu’il donne à connaître, le corpus delphique est ainsi une parfaite illustration de la formule de M. I. Finley, qui mettait l’accent « sur la distinction radicale entre le traitement plus ou moins humain d’individus esclaves par des individus maîtres et l’inhumanité de l’esclavage en tant qu’institution ». Quant aux affranchis, force est de constater que lorsqu’ils deviennent à leur tour propriétaires d’esclaves, ils reprennent le même traitement et reproduisent les mêmes codes que leurs anciens maîtres, comme s’ils ne pouvaient échapper à une sorte de déterminisme dans la construction des rapports sociaux.

Si vous souhaitez plus d’informations sur le sujet:

 http://videotheque.cnrs.fr/doc=1771

 http://histoires-courtes.fr/#page=Mulliez

« Philippes, ville de Macédoine, Société, religion et culture, au moment de la visite de Saint-Paul » 

Athanase .D. RIZAKIS 

(Université de Nancy 2 )

Au moment de la visite de Saint-Paul, Philippes était une colonie romaine, fondée au départ par Antoine et par la suite par son rival, Octave-Auguste. La cité avait alors une population mixte de Thraces, de Gréco-macédoniens et des Romains. Ces derniers étaient de préférence installés dans le centre urbain et sur quelques sites choisis de la campagne. Les indigènes peuplaient surtout cette dernière qui était composée des vici avec une population parfois mixte. Cette répartition démographique n’était pas seulement spatiale mais également sociale. La «classe» dominante de colons -qui est avant tout urbaine- transforma complètement le paysage civique et imposa une nouvelle topographie et hiérarchie religieuse. Les dieux romains qui constituent dorénavant le panthéon officiel de la nouvelle communauté dominent absolument au paysage urbain, les dieux indigènes, grecs ou thraces, sont relégués soit aux marges de la cité soit à la campagne. Une séparation similaire est observé au niveau culturel. Le latin domine dans le centre urbain et dans certaines enclaves de la campagne; c’est la langue d’expression des Romains mais aussi d’une partie des Thraces-incolae, fortement romanisés. L’usage du grec, en revanche, régresse et il est surtout utilisé par les Grecs et les Thraces, depuis longtemps hellénisés. Cette situation fait de Philippes, un terrain privilégié pour observer le jeux de contacts, d’interactions, d’échanges voire de conflits –apparents ou cachés- dans le cadre d’un Empire «globalisant» qui laisse toutefois assez d’espace libre aux cultures et croyances nouvelles.

« La grande peinture grecque sur les tombeaux de la Macédoine antique: Résultats de nouvelles recherches ».

Hariclia BRECOULAKI

(Centre de Recherche de l’Antiquité grecque et romaine de la Fondation nationale de la Recherche scientifique (Athènes). 

 La peinture funéraire de la Macédoine antique nous offre l’aperçu le plus complet de la peinture grecque de l’époque classique tardive et hellénistique. Les compositions picturales qui ornent l’intérieur et les façades des monuments funéraires ainsi que leur mobilier, préservent tous ces éléments qui nous permettent de retracer l’histoire de cet art majeur et de suivre de près les techniques que les peintres anciens employaient pour produire leurs chefs d’oeuvre. Dans cette conférence seront présentés les résultats d’un examen récent des peintures de la tombe de Philippe II et la « tombe d’Eurydice » à Aigai (Vergina), au moyen des méthodes analytiques et des photographies techniques qui renouvellent nos connaissances sur l’iconographie, les couleurs et les aspects artistiques de ces rares témoignages de l’art grec.

 

« Sissi (Crète), à l’âge du bronze: l’essor d’une communauté. Des vestiges archéologiques aux mécanismes de cohésion sociale.»

 Jan DRIESSEN

(UCL, directeur de l’Ecole Belge d’Athènes (EBSA) 

Née au début du 3e millénaire avant J.-C. sur l’île de Crète, la mystérieuse civilisation minoenne a connu un développement florissant. Les Minoens ont inventé un système d’écriture – le Linéaire A – mais celui-ci reste à ce jour indéchiffré. Nous ignorons dès lors un peu près tout de la structure sociale et politique de cette première civilisation européenne, lieu de mythes aussi célèbres que celui du Minotaure, de Dédale, du Labyrinthe ou d’Europe. L’apport de l’archéologie nous permet toutefois d’éclairer plusieurs facettes de cette civilisation. En quelques lieux fertiles de l’île, de superbes palais, tel ceux de Cnossos, Phaistos et Malia, ont été érigés vers 2000 av. J.-C. mais l’organisation territoriale de ces centres majestueux nous échappe en grande partie également. Le site archéologique de Sissi se trouve à quelques kilomètres seulement de la ville palatiale de Malia. Il a connu une occupation tout à fait contemporaine à celle de Malia (2000-1200 av. J.-C.) et appartenait très probablement au territoire de cette ville majeure. Par sa localisation, néanmoins, la colline de Sissi occupe une position stratégique, qui contrôle deux routes reliant la Crète centrale à la Crète orientale. Les fouilles qui y sont menées par l’UCL sous les auspices de l’Ecole belge d’Athènes ont permis de dégager une nécropole, un habitat de longue durée mais aussi un bâtiment à cour centrale, construit au 17ième s. av. J.-C. Comment expliquer les relations entre les sites de Sissi et Malia ? L’élite de Malia aurait-elle supporté la compétition d’un site prospère qui se développe à tout juste une heure de marche ? Notre conférence se propose d’offrir quelques hypothèses sur ces questions, qui détaillent et s’appuient sur les vestiges archéologiques mis au jour.

 

Tétra conférence sur le thème: « La Grèce antique au présent: regards croisés sur des enjeux actuels. »

V. Pirenne (ULG, Collège de France),

sur le thème du polythéisme

D. Viviers (ULB, Académie Royale de Belgique)

sur le thème de la question des modèles

P. Marchetti  (UCL, UNamur),

 sur le thème des sciences

& F.de Callataÿ (ULB, EPHE Paris, Académie Royale de Belgique), 

sur le thème de la démocratie.

 

« L’alimentation en Grèce antique »

Prof. Karine  Rivière

(Ecole Française-archéologie- d’Athènes) 

Au-delà de la subsistance ?

Alimentation et mise en ordre du cosmos en Grèce à l’époque archaïque

 

Dans le monde grec de l’époque archaïque, des poètes, penseurs et législateurs ont élaboré des systèmes visant à comprendre, à organiser tout ou partie du cosmos dans lequel devaient évoluer les hommes. Ces tentatives de mise en ordre de l’univers se sont volontiers accompagnées d’une volonté de mettre également en ordre les repas. Il convient de s’interroger sur le fait que des prescriptions alimentaires s’observent à la fois dans les poèmes hésiodiques, dans la tradition pythagoricienne mais aussi dans une constitution telle que celle des Lacédémoniens. Alors que les menus des Grecs de l’époque archaïque pouvaient s’avérer plutôt variés, comme en témoignent les sources écrites et archéologiques, le choix des denrées à consommer dépendait en pratique de conditions matérielles, de normes sociales, mais aussi, et peut-être surtout d’une certaine idée de la place de l’homme parmi les siens et par rapport aux dieux.

 

 

 

 

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conférences (2016-2017)

Posté le 25 juin 2016 @ 9:36 par asblalexandre

la recherche de l’Eleusis d’Alexandrie (Egypte). Fouilles archéologiques du Musée Royal de Mariemont à Smouha »

Mme Marie-Cécile BRUWIER (Directrice du Musée Royal de Mariemont)

Parmi les collections du Musée royal de Mariemont se trouvent le buste colossal d’une reine ptolémaïque et deux mains l’une dans l’autre, deux fragments acquis par Raoul Warocqué (1870-1917) en 1912. Une première enquête réalisée dans les récits des voyageurs qui ont voyagé en Égypte au cours des siècles passés a contribué à identifier le site d’où proviennent ces fragments. Richard Pococke (1704-1765), par exemple, raconte les avoir vus gisant dans un marécage près d’Alexandrie, à l’est de la Porte de Rosette. Ils s’y trouvaient parmi les ruines d’un monument dont subsistaient des colonnes et des sphinx. L’examen attentif des cartes du XIXe siècle et des cartes contemporaines par les topographes du Centre d’ Études Alexandrines a permis de préciser que cette construction devait se trouver dans l’actuelle Smouha, faubourg d’Alexandrie, construit à partir de 1925.
 Entre 2008 et 2012, le Musée royal de Mariemont et le Centre d’ Études Alexandrines y ont procédé à des relevés topographiques, des sondages suivis de fouilles archéologiques. Parmi les éléments architecturaux mis au jour se trouvent un grand nombre de blocs et quelques colonnes en granite. La structure révélée présente deux alignements parallèles évoquant une colonnade. Le mobilier archéologique relevé compte des céramiques et de nombreux tessons parmi lesquels des fragments de lampes portant l’évocation d’Isis avec l’enfant Horus et de Sérapis.
 La fouille archéologique est aujourd’hui terminée. La conférence sera consacrée à la présentation de cette recherche et aux hypothèses proposées pour l’interprétation du site archéologique et des fragments de statues colossales associés au monument dont les vestiges ont été fouillés. Les résultats et l’état de la question des fouilles archéologiques du Musée royal de Mariemont seront publiés dans le prochain volume des Cahiers de Mariemont.

« Le mécanisme d’Anticythère à la lumière des derniers résultats des recherches »

 

Présentation en exclusivité du modèle reconstitué de ce mécanisme.

Professeur Efthymios NICOLAIDIS (FNRS Université d’Athènes)

Le mécanisme d’Anticythère, découvert en 1900 dans un naufrage d’un navire romain près de la côte de l’île homonyme, a été depuis 1905 l’objet de recherches de nombreux savants de différentes disciplines. Dès 1902 on a remarqué dans les caisses des trouvailles du naufrage rapportées au musée d’Athènes un objet étrange qui semblait comporter des engrenages, chose qui a hautement surpris les spécialistes de l’histoire des sciences et des techniques de l’antiquité. En 1905 le savant allemand Albert Rehm a remarqué sur l’objet des noms de corps célestes, dessiné un train d’engrenages et considéré que cet instrument était une sorte d’astrolabe. En 1934 l’amiral Théophanidès construisit un premier modèle. Le fameux historien des sciences Derek de Solla Price étudia le mécanisme de 1950 à 1974 en collaboration avec Charalampos Karakalos qui fut le premier à faire des radiographies du mécanisme afin de révéler l’intérieur. Derek Price construisit un modèle bien plus compliqué que celui de Théophanidès. Son livre Gears from the Greeks relança l’intérêt international pour le mécanisme. Dans les années 1980, un illustre spécialiste des instruments anciens, Michael T. Wright construisit un modèle qui révolutionna notre conception du mécanisme : Wright considéra que ce mécanisme est un planétarium montrant les mouvement de toutes les planètes connues dans l’antiquité et remarqua que la face arrière ne comportait pas des cercles connectiques mais des spirales ; il remarqua aussi que le tarin d’engrenages de la lune comporte une fente à goupille.
En 2005 une équipe multidisciplinaire internationale a été formée et en collaboration avec Hewllet Packard et X-Tek systems a procédé au scannage du mécanisme avec un scanner de huit tonnes construit à cet effet, ainsi qu’à des photographies de surface avec une technique spéciale. Cette équipe qui comprend des archéologues, des paléographes, des historiens des sciences et des techniques et des mécaniciens a déjà publié les premiers résultats des ses recherches et en mai 2016 les résultats définitifs concernant les inscriptions, dans un numéro spécial de la revue Almagest, Intenational journal for the history of scientific ideas (diffusé par Brepols). Basés sur les résultats de ces recherches de nouveaux modèles du mécanisme ont été construits.
Dans la conférence nous allons présenter les derniers résultats des recherches sur le mécanisme d’Anticythère ainsi qu’un modèle, construit en 2012, fondé sur les scanners de l’équipe internationale des recherches.

Pour en savoir plus : http://www.antikythera-mechanism.gr/

 

«La Romanité et le bilinguisme gréco-latin à Byzance. La circulation des textes à Constantinople à l’époque de Justinien.»
Professeur Bruno ROCHETTE (ULiège)

L’empire byzantin se présente d’une certaine façon comme la traduction en grec de l’Empire romain. Fondée par Constantin en 324, mais achevée au VIe s., au temps de Justinien, Constantinople tâcha de s’imposer comme nouvelle Rome en terre grecque, puis, après la chute de l’Empire romain d’Occident, comme la seule version autorisée de l’Imperium Romanum. Rome était une ville bilingue. Constantinople se devait de l’être aussi. N’en déplaise à ceux qui avaient favorisé cette œuvre de translation, Constantinople n’était toutefois qu’une copie, une « belle infidèle », par rapport au prototype, qui reste unique. Il n’empêche que la romanité de Byzance est une évidence aux yeux de tous. Je tenterai de mesurer le degré de pénétration de la culture littéraire de langue latine à Constantinople à l’époque de l’empereur Justinien. Je tenterai de mesurer le degré de pénétration de la culture littéraire de langue latine à Constantinople à l’époque de Justinien.

« La Macédoine de Philippe, d’Alexandre et de leurs successeurs, révélée par des documents inédits:

1. Une journée fatale à Aigeai :historiens, romanciers et un papyrus d’Oxyrhinchos.
2. Une ambassade qui n’est jamais rentrée au pays et les plans d’Alexandre d’après une inscription de Philippes.

Prof. Miltiades HATZOPOULOS (Directeur du Centre de Recherche de l’Antiquité Grecque et Romaine à Athènes. Membre de l’Académie d’Athènes et de l’Institut de France (Académie des Inscriptions et Belles lettres).

Il y a peut-être deux moments cruciaux dans la carrière d’Alexandre : le jour où il succéda comme roi des Macédoniens à son père assassiné et celui où il décida d’endosser la succession de Darius III comme roi de l' »Asie », c’est-à-dire de l’empire perse. En effet, de son rôle dans la grande épreuve de l’assassinat de son père dépend l’idée qu’on se fait de son caractère et de sa carrière ultérieure. Fut-il un grand stratège et aussi un administrateur visionnaire ou un tyran sanguinaire, prototype de Staline et d’Hitler, et le meurtre de Philippe fut-il le premier d’une longue séquence de crimes ? Il serait également important de savoir quels étaient les plans d’Alexandre quand il se lançait dans la guerre contre Darius : était-ce la conquête du monde, la soumission de l’empire achéménide ou simplement la vengeance pour les destructions sacrilèges commises par les Perses lors de l’invasion de Xerxès ? Quel crédit faut-il accorder à la fameuse transformation d’Alexandre entre l’incendie de Persépolis et la mort de Darius III ? Cela fait des siècles que l’on débat de ces questions sans résultat. En effet, comment parvenir à la vérité, quand toutes les oeuvres des historiens contemporains de Philippe et d’Alexandre sont perdues et que nous ne disposons que des récits rédigés trois à six siècles après la mort de ces rois ? Pourtant les documents qui permettent d’y répondre existent, mais en dehors des sources littéraires. Encore faut-il les chercher, les reconnaître pour ce qu’ils sont et les exploiter. Le but de cette conférence est de vous les présenter.

 


« Compter, mesurer et payer en Grèce antique »
Prof. Charles DOYEN (UCLouvain)

À la fin du règne de Philippe II et au début du règne d’Alexandre III (le futur Alexandre le Grand), l’Amphictionie de Delphes assume successivement deux réformes monétaires fonda­men­tales. La première réforme, entre le printemps 336 et le printemps 335, instaure un nouveau mon­na­yage de bon poids éginétique (6,21 g) aux types et au nom de l’Am­phictio­nie, destiné à remplacer l’ancien éginétique de poids réduit (5,80 g). Le devis de cette frappe en lui-même fournit de précieuses informations sur les coûts de la production monétaire. Cette expérience d’un nouveau monnayage commun est brutalement inter­rom­pue au printemps 335 : la volte-face de l’Amphictio­nie s’explique probablement par des motifs politiques (remplacement de Philippe II par Alexandre III comme souverain de Macédoine, stratège de la Confédération thessalienne, Amphiction et hêgêmôn de la Ligue de Corinthe) et des motivations économiques (coût exorbitant de l’opération et non-conformité du nouvel amphictionique par rapport aux standards pondéraux et monétaires de la seconde moitié du ive s.). Dès lors, au printemps 335, les Amphictions entérinent la masse réduite des monnaies éginétiques. Cette nouvelle réforme entraîne une réévaluation des parités entre la drach­me éginétique allégée (5,80 g) et la drachme attique (4,35 g), la modification du cours des monnaies d’or et d’électrum, ainsi que l’augmentation du ratio bronze–argent et la redéfinition complète du système pondéral attique. Cette conférence visera à expliquer l’étroite intrication entre les systèmes de mesure, les étalons pondéraux et les étalons monétaires en Grèce ancienne.

 

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conférences (2015 – 2016)

Posté le 24 juin 2015 @ 11:18 par asblalexandre

« Crise financière dans l’Athènes de Périclès. Réflexions sur la « crise grecque », hier et aujourd’hui »

Prof. Christophe Flament (FUNDP Namur)

D’aucuns pourraient souligner le contraste entre la splendeur d’Athènes au temps de Périclès et le marasme économique actuel de la Grèce. Pareille vision se révèle cependant bien trop manichéenne : les difficultés financières n’ont pas manqué dans l’Athènes du Ve s. av. n. ère, surtout lorsque la cité fut plongée dans la « Guerre du Péloponnèse » (431-404) dont elle sortira vaincue et financièrement exsangue. Athènes traversa alors sans aucun doute l’une des crises les plus graves de son histoire.


Si les effets n’en sont véritablement ressentis qu’à la fin des années 410, cette crise découle en réalité de défauts structurels dans la gestion financière athénienne telle qu’établie vers le milieu du Ve s., dont certains présentent, a priori, des analogies frappantes avec ceux qui provoquèrent la « crise grecque » au début des années 2010 (endettement démesuré, hypertrophie des secteurs public et de la défense). Ce cours propose de retracer l’enchaînement qui mena à cette situation critique et d’examiner les solutions alors proposées pour permettre à la cité de subsister ; il s’inscrit par ailleurs dans la suite logique des deux cours-conférences consacrés à l’économie athénienne durant l’époque archaïque, qui furent dispensés dans le cadre du programme du Collège Belgique de l’année 2012.


Dans un premier temps, il s’agira de reconstituer, à travers l’étude des principaux documents littéraires et épigraphiques, l’organisation des finances athéniennes vers le milieu du Ve s. Il importera, dans un premier temps, de bien distinguer entre ce qui relève des finances civiques – entendons par là les ressources et les charges permanentes de la cité – et ce qui a trait aux finances proprement militaires ; chacun de ces secteurs avait en effet, à l’origine du moins, une existence autonome. Dans le cadre des finances civiques, le principal enjeu consistera à identifier et – surtout – quantifier les postes de rentrées et de dépenses, afin de déterminer notamment la place qu’occupaient les revenus générés par l’exploitation des mines d’argent du Laurion dans cette architecture financière. Concernant les finances militaires, il importera de distinguer les ressources propres à la cité de celles qui étaient perçues dans le cadre de la Ligue de Délos : ces deux éléments relevaient en effet de gestions distinctes que les travaux modernes – à la suite de Plutarque – amalgament à tort, compliquant ainsi singulièrement l’intelligence du dispositif financier athénien.


Nous verrons, dans un second temps, que le système financier ainsi reconstitué se révéla particulièrement inadapté pour faire face à un conflit intense et de longue durée, notamment parce que le financement des troupes reposait principalement sur des emprunts massifs au trésor sacré d’Athéna ; son effondrement était donc inexorable. Plusieurs mesures spectaculaires, à examiner dans le détail (augmentation du tribut des alliés, instauration d’un impôt de guerre, interdiction pour les alliés d’utiliser une autre monnaie que celle d’Athènes, …), repoussèrent néanmoins l’échéance jusqu’à la fin des années 410, lorsqu’Athènes sombra dans une crise politique (avènement d’un régime oligarchique dit des « Quatre-Cents ») et morale (repli sur les valeurs et les divinités « traditionnelles ») sans précédent.


Nous nous pencherons alors sur les solutions adoptées pour redresser cette situation financière dangereusement compromise, parmi lesquelles la suppression de plusieurs allocations à destination de la population athénienne, l’« auto-financement » des troupes sur le terrain des opérations, ainsi qu’une manipulation monétaire par laquelle la cité athénienne se mettait temporairement à l’écart des normes régissant alors la monnaie dans le monde Méditerranéen. Une fois encore, certaines de ces mesures semblent faire écho à celles préconisées pour permettre à la Grèce moderne de sortir de la crise ; mais peut-on réellement comparer les deux situations ? Plus fondamentalement, si ces mesures ne permirent à Athènes de poursuivre sa lutte contre Sparte que pendant quelques années seulement, elles n’en posèrent pas moins les bases de toute l’organisation financière de la cité pour les siècles à venir.

Christophe Flament

« Accéder à l’immortalité d’Alexandre à Saint Paul: les témoignages de l’archéologie en Macédoine »

Prof. Marie-Françoise Baslez (U. Paris Sorbonne. Labex (laboratoire d’excellence). RESMED (religions et sociétés des mondes méditerranéens).

Une terre de héros et de saints, c’est ainsi que nous apparaît aujourd’hui la Macédoine à travers le paysage archéologique actuel, quand on se déplace des tombes princières de Vergina et d’Amphipolis, de l’époque d’Alexandre, jusqu’aux sanctuaires et aux basiliques chrétiennes du site de Philippes, tout particulièrement jusqu’au premier lieu de culte consacré à saint Paul, qui est daté des années 330 de notre ère. Cette superposition continue sur les mêmes sites de vestiges monumentaux, avec leurs dispositifs cultuels, leur mobilier et leur décor, permet d’étudier la fabrique de héros puis de saints dans les mêmes lieux, par le même peuple, entre hellénisme et christianisme. Du héros grec au saint chrétien, comment se sont fait les passages cultuels, comment ont évolué les représentations de l’au-delà et la conception de l’immortalité ?


Trois points seront envisagés. On appréciera ce qui a fait dans la très longue durée la spécificité de l’hellénisme, c’est-à-dire la recherche d’une immortalité mémorielle et glorieuse à travers un rituel funéraire que matérialisent les tombes princières et qui perpétue les traditions homériques. Mais dès le IVe siècle avant notre ère, des espérances eschatologiques sont apparues, particulières à cette région, qui expliquent la présence de textes orphiques et l’abondance des représentations de Dionysos, dieu mort et ressuscité, dans les tombes macédoniennes. Le développement des initiations aux mystères de salut s’ensuit à l’époque hellénistique et romaine, avec la création d’une nouvelle catégorie de héros qui illustre davantage le mythe de Ganymède que celui d’Achille – jeunes morts prématurés qui avaient été initiés aux mystères et dont on célèbre l’apothéose en les invoquant comme des intercesseurs. C’est à ce type de culte que le christianisme substitue celui du martyr, nouvel héros fondateur et référent identitaire pour la communauté, ainsi que le mettent en évidence les réaménagements cultuels dont a fait l’objet le centre du Forum de Philippes.

Marie-Françoise Baslez

« L’Héra de Zeus. Epouse définitive et ennemie intime. »

Prof. Vinciale Pirenne – Delforge

Dans les dictionnaires et manuels de mythologie, la déesse grecque Héra est présentée comme une déesse colérique et jalouse, une épouse pénible et une mère très approximative. Comment comprendre ce portrait « canonique » de celle qui est tout de même l’épouse légitime du roi des dieux et, par voie de conséquence, la souveraine de l’Olympe ? Comment interpréter les récits qui la mettent en scène dans un antagonisme continu avec son époux et certains des enfants de ce dernier? Comment faire résonner une telle image mythique avec les cultes que les Grecs rendaient à Héra dans les cités ? Ce sont toutes ces questions qu’affrontera la conférence, qui s’appuie sur un livre, co-écrit avec Gabriella Pironti de l’Université de Naples, et intitulé L’Héra de Zeus. Ennemie intime, épouse définitive (à paraître aux Belles Lettres en 2016).

Vinciane Pirenne.

« L’or, la brute et les truands.Philippe II de Macédoine et les Thraces »

Prof. Aliénor RUFIN-SOLAS

« Philippe vous a pris, errants et sans ressources, vêtus de peaux de bêtes pour la plupart, emmenant paître dans les montagnes un peu de petit bétail, et pour cela menant des combats malheureux contre des Illyriens, des Triballes et les Thraces voisins » (Arrien, Anabase d’Alexandre, VII, 9, 2). Voilà comment Alexandre le Grand aurait introduit devant les soldats macédoniens, sur les rives du Tigre en 324 avant J.-C., son rappel de l’œuvre de son père. Philippe II de Macédoine hérita d’un petit royaume, menacé par les attaques des peuples guerriers voisins: il le sécurisa, le modernisa et surtout le dota d’une machine de guerre dépassant tout ce que le monde grec avait connu jusqu’alors. Il est clair que le point d’arrêt mis à ces raids de pillage venus du voisinage fut la première étape dans la construction de la puissance macédonienne. La Thrace, vaste région s’étendant de la mer Egée au Danube et de la Macédoine aux Détroits, constituait en outre une région stratégique, immense réservoir de guerriers commandant le passage en Asie. Les campagnes thraces occupèrent à ce titre la majeure partie du règne de Philippe. Mais l’idée d’une conquête de toute la Thrace par ce roi, affirmée par les Anciens et reprise telle quelle par les Modernes, se heurte à quelques problèmes sérieux: comment expliquer la richesse fantastique d’une série de chefs thraces, bardés d’or et enterrés comme des rois dans l’intérieur de l’actuelle Bulgarie après la conquête supposée ? et comment Philippe aurait-il pu, tout brillant chef de guerre qu’il fût, s’imposer par la seule force brutale dans une région où les Romains eux-mêmes mirent plus d’un siècle et demi à venir à bout de la résistance d’une multiplicité de peuples experts au combat ?
L’or du Pangée, objet de violents conflits et dont les usages prêtent encore à discussion, ainsi que les relations d’homme à homme nouées entre Philippe et les chefs thraces éclairent d’un jour nouveau le génie politique et militaire de Philippe de Macédoine, nous renvoyant aux fondements de la puissance macédonienne.

Prof. Aliénor Rufin Solas

« Le prophétisme en Grèce ancienne: entre irrationnel et rationnel. »

Prof. André Motte

Une première partie s’attachera à relever deux défis que suggère discrètement le titre. Il s’agira de montrer tout d’abord qu’on est bien autorisé à parler de « prophètes » en Grèce ancienne, et cela en se référant à leur propre vocabulaire, même si ce prophétisme, évidemment, n’est pas identique à celui de la célèbre galerie des grands prophètes juifs.
Le second défi concerne la notion de rationalité : contrairement à la conception la plus courante qui est la nôtre, certains philosophes grecs, et non des moindres puisque Platon est du nombre, considèrent que le prophétisme qu’il attribuent à certains personnages, loin de relever d’un irrationnel incongru, est un privilège positif dont ils s’efforcent de rendre compte. Plus vivante, la seconde partie de l’exposé esquissera le portrait de deux personnages, – un poète de l’époque archaïque, Hésiode, et un philosophe de l’âge classique, Empédocle, – qui, l’un et l’autre, illustrent remarquablement ce que signifiait le mot grec prophètès.


André Motte.

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conférences (2014-2015)

Posté le 9 août 2014 @ 10:10 par asblalexandre

« La mesure du temps en Grèce et Rome antiques. »

Prof.E.NICOLAIDIS (Fonds National de la recherche scientifique, Athènes) & Prof.Patrick MARCHETTI (UCLouvain-L-N et FUNDP Namur).

Depuis la plus haute antiquité les hommes ont essayé de construire des calendriers. Les sociétés agricoles, les premiers États ainsi que les religions avaient besoin de déterminer les saisons et leurs subdivisions. L’horloge pour toutes ces mesures : le ciel. En observant la marche des étoiles, du Soleil et de la Lune, les Chaldéens, les Babyloniens et les Égyptiens, ont construit des calendriers assez précis dont les connaissances ont été transmises en Grèce antique.
Dès le 6e s. av. J.C., notamment l’astronome athénien Méton, en observant pendant le solstice d’été le lever du soleil au Lycabette depuis le Pnyx, détermina avec une étonnante précision la longueur de l’année solaire. Depuis, des générations d’astronomes et des mathématiciens ont amélioré le calendrier et inventèrent des instruments de mesure de l’heure de plus en plus précis : cadrans solaires, clepsydres et horloges hydrauliques. Des techniciens anonymes ont construit de merveilleuses machines à calculer le calendrier, comme la fameuse machine d’Anticythère, cette calculatrice à engrenages du début du 1er s. av . J.C. qui fait l’admiration de tous les spécialistes.
Dans cette conférence nous allons présenter les méthodes et les instruments qui ont servi, pendant l’antiquité grecque et romaine à calculer le temps : de Méton à la coupole du Panthéon à Rome, en passant par la machine d’Anticythère et la tour des vents à Athènes.
Et nous nous efforcerons de mettre en perspective la mise au point d’un calendrier romain sous J. César, le fameux calendrier « julien » dont nous avons hérité et qui sert encore de référence pour la mesure de l’année et des mois. Cette avancée décisive en matière de calcul du temps a bénéficié directement des immenses progrès réalisés par les astronomes grecs, dont le mécanisme d’Anticythère est l’un des produits les plus élaborés qui nous soient parvenus.

E. Nicolaidis & P. Marchetti

« Après l’Iliade, l’Odyssée… »

Prof. Ph. BRUNET (U. Rouen).

Traduire l’Iliade était une entreprise, folle, longue, mais doubler la mise en traduisant l’Odyssée entraîne un certain nombre de remises en question. L’exercice de traduction pourrait sembler un simple exercice technique. C’est beaucoup plus que cela. Peut-on faire, au cours d’une même vie, deux fois la même chose ? quelle distance est nécessaire ? La poésie est-elle un but formalisable ? Peut-on traduire la forme, l’harmonie sonore, en prenant en considération le travail d’anaphonie que Saussure a traqué dans ses recherches ? Le but est d’aller vers l’Odyssée, non sans quelques détours… La composition d’un poème est venue interrompre le processus de traduction. Un fils de samourai, en 1868, voulant rentrer chez lui après un séjour à Berlin, choisit de passer par la Sibérie. Dans son errance d’ouest en est, Eijirô met en rapport l’Occident et l’Orient, le passé et l’avenir. A cheval, à pied, le récit poétique scande cette traversée. Des extraits du Retour d’Eijirô ont été lus à Vaison-la-Romaine lors de l’édition 2014 de la Semaine de théâtre antique.
Je me propose de prendre conjointement ces aspects du même travail, sans les séparer : traduction nouvelle du poème le plus connu, composition d’un poème nouveau autour d’un personnage inconnu, pour arriver à mieux comprendre les principes de l’écriture poétique.

Ph.Brunet.

Thorikos d’Attique : un centre palatial mycénien
Prof. Robert LAFFINEUR (ULg)

Le site de Thorikos, situé près de la ville moderne de Lavrion, à la pointe sud-est de l’Attique, est depuis 1963 l’objet de fouilles archéologiques menées par une mission belge. Ces recherches ont révélé l’importance stratégique du site à l’époque classique comme centre d’exploitation du plomb argentifère et de production de l’argent qui fut utilisé en abondance pour le monnayage athénien. Mais les époques antérieures ont livré également d’importants vestiges. C’est le cas de la phase dite géométrique, au début de la période historique, dans les premiers siècles du Ier millénaire, et aussi de l’époque mycénienne, au cours de l’Âge du Bronze récent, à la fin des périodes proto-historiques, dans la seconde moitié du IIe millénaire.

L’exposé s’intéressera à cette phase mycénienne, qui est caractérisée principalement par des tombes monumentales, souvent qualifiées de « royales ». Mais l’exploitation minière y est déjà bien attestée. Elle donnait à Thorikos une position prépondérante incontestable dans les réseaux d’approvisonnement et d’échange de matières premières métalliques en Méditerranée orientale. Elle imposait aussi la présence d’une administration centralisée des richesses naturelles et supposait en conséquence l’existence d’un pouvoir local de type vraisemblablement palatial.

Robert LAFFINEUR
Professeur émérite de l’Université de Liège
Apparition, utilisation et disparition de l’or monnayé au nom d’Alexandre le Grand : une monétisation massive sans croissance économique ?
Prof. François de Callataÿ
(Bibliothèque Royale de Belgique, ULB, Ecole Pratique des Hautes Etudes, Paris)
La conversion massive par Alexandre le Grand des trésors accumulés par les Achéménides en monnaies d’or et d’argent est un phénomène majeur de l’histoire monétaire mondiale. Par son ampleur, cette augmentation soudaine de la masse monnayée en circulation ne se compare avec aucun autre épisode antique ou médiéval. Ce n’est pas tant l’accroissement du nombre d’études de coins ou de trésors recensés qui nous autorise aujourd’hui à proposer une vision plus nourrie de ce grand dossier historique. Nos idées se sont à ce propos précisées, mais pas profondément modifiées. Sauf que, pour l’étude de la circulation par les trésors, on n’avait pas proposé jusqu’ici de vision globale tant géographique que chronologique, et que – ce faisant – il est permis de mettre en évidence un schéma très clair quant à la question de savoir dans quelle direction est parti l’or monnayé après 250 av. J.-C. Mais il est surtout possible d’agréger au dossier quatre types d’arguments, qui tous paraissent renforcer le même schéma directeur : 1) les analyses métallographiques, en particulier celles portant sur les éléments traces (platine et palladium), 2) une attention renforcée aux rapports entre monnaies et orfèvrerie (pour lesquels Yanis Touratsoglou avait déjà tracé la voie), 3) le traitement du dossier épigraphique, maigre mais fortement instructif, et – last but not least – 4) la prise en compte du prisme plus grossissant que déformant de la Nouvelle Comédie, Plaute en tête, dont – s’agissant des monnaies – les archétypes fonctionnent toujours dans le même sens. L’enquête permet de montrer que, pour l’essentiel, l’or monnayé d’Alexandre a emprunté des circuits courts, à la fois 1) temporellement puisqu’il disparaît pour l’essentiel en une grosse génération, 2) géographiquement puisqu’il semble avoir surtout concerné la Macédoine et les Balkans, et 3) socialement puisqu’il paraît confiner à des archétypes qui ne s’éloignent pas beaucoup de la sphère militaire. Dès lors, et au contraire de ce que les historiens ont généralement soutenu à la suite de Gustav Droysen, il ne semble pas que l’or monnayé d’Alexandre, essentiellement transformé en dépenses de prestige non productives, a beaucoup contribué à créer de la richesse durable par l’augmentation des capacités de production.
François de Callataÿ
« Augusti Manes volitant per auras: propagande et politique dans le Forum du premier empereur romain »
Prof. Marco Cavalieri (U. Florence, UCLouvain-l-N)
À la fin de guerres civiles et une fois consolidé son pouvoir institutionnel, entre 31 et 27 av. J.-C., Imperator Caesar Diui f. Augustus dominait toute l’arène politique et pouvait se lancer sans inquiétude dans la transformation architecturale et le développement urbanistique de Rome.
C’est à ce moment que commence la mise en chantier de projets édilitaires grandioses, répartis dans l’ancienne et chaotique ville républicaine : l’objectif au fil des années est évident, il s’agit de reconstruire la quasi-totalité des temples, de les embellir, mais surtout de doter l’Vrbs de nouveaux bâtiments publics destinés à soutenir la nouvelle idéologie du pouvoir.
On érigea sur le Champs de Mars (Campus Martius) pas moins de deux théâtres. Le premier (13-11 av. J.-C.) dédié à Marcellus (neveu et beau-fils d’Auguste) et le second (13 av. J.-C.) à Balbus (un partisan de l’empereur) ; mais dans la même région, le Princeps promut la construction d’un mausolée dynastique monumental, ainsi que de très nombreux aedes, porticus et complexes thermaux, sans oublier la création d’un énorme lac artificiel. En revanche, le majestueux autel de la Paix (Ara Pacis) fut quant à lui dédié par le Sénat.
Auguste restaura le Forum Romanum et compléta le Forum de César, en les mettant en rapport spatial l’un avec l’autre, mais surtout en les annexant au nouvel et gigantesque espace public qui prit le nom d’Auguste lui-même.
Comme nous l’apprend Vitruve, l’établissement de cette œuvre avait pour Auguste une signification essentiellement politique : dans la majesté des édifices publics de Rome – et surtout du Forum Augusti – , il fallait refléter son rôle de capitale de l’Empire. La cité devait apparaître, extérieurement aussi, comme l’héritière des grandes capitales hellénistiques, tout en ne niant pas son passé italique. La conférence tentera d’analyser comment les formules architectoniques, sculpturales et scénographiques gréco-hellénistiques ont été assimilées par les architectes romains et développées encore davantage, en portant l’architecture à de nouvelles formes employées comme moyen de propagande politique.
Prof. M.Cavalieri

« Trésors de l’art byzantin à Chypre: orfèvrerie, mosaïques, icônes, peinture monumentale … »

Prof. Catherine VANDERHEYDE (ULBruxelles et U. Strasbourg)
Située aux portes de l’Orient, l’île de Chypre a, depuis les époques les plus reculées, été ouverte aux influences du monde oriental, mais elle n’en demeura pas moins tournée vers l’Occident au gré des événements historiques. Elle possède un riche patrimoine qui reflète une civilisation exceptionnelle. Cette conférence aura trait à l’art qui se développe à Chypre lorsqu’elle faisait partie de l’Empire byzantin, à savoir entre le IVe siècle, époque de la fondation de Constantinople et de la diffusion de la religion chrétienne sur les territoires de l’ancien Empire romain, jusqu’à l’avènement du royaume des Lusignan sur l’île en 1192.


Au travers d’une sélection d’œuvres relevant des divers domaines de l’art, les grandes étapes de l’histoire de Chypre seront mises en lumière. L’architecture monumentale et les précieux objets orfévrés laisseront entrevoir la formidable richesse qui caractérise cette île, alors l’une des provinces les plus prospères de l’Empire byzantin. Située au cœur de la lutte entre Byzantins et Arabes, elle constituera néanmoins une terre d’exil pour les moines fuyant la persécution ordonnée par les empereurs iconoclastes. Une fois redevenue pleinement byzantine en 965, de nombreux monastères vont peupler l’île, en se nichant notamment sur les contreforts du massif montagneux du Troodos. Un art de peindre d’une grande qualité s’y développera dont témoignent encore de splendides fresques et icônes parvenues jusqu’à nous. Si l’île deviendra latine par la suite et se couvrira d’édifices gothiques et vénitiens, l’héritage byzantin demeurera présent. C’est en effet aux peintres byzantins que feront appel les Gênois de Famagouste pour décorer leurs églises. Le patrimoine byzantin et médiéval de Chypre s’inscrit ainsi pleinement dans l’histoire de la culture européenne.

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conférences (2013-2014)

Posté le 5 octobre 2013 @ 10:21 par asblalexandre

« L’Acropole d’Athènes en mutation: restaurations et nouveautés »
Prof. Bernard Holtzmann (Université Paris-Ouest Nanterre)
Depuis 1975, un programme très ambitieux de restauration, aujourd’hui en cours d’achèvement, a modifié l’aspect du site et de ses monuments et accru considérablement nos connaissances. Un nouveau musée, d’une conception originale, témoigne de cette mutation.
« L’énigme de la machine d’Anticythère »
Prof. Efthymios Nicolaïdis (FNRS Athènes)
La machine d’Anticythère, ainsi appelée de l’île où elle a été trouvée, dans un navire romain qui y avait fait naufrage vers 80 av.J.C., est un apax technique. D’une part nous ne connaissons pas d’autres exemplaires de machines semblables, d’autre part nous avons quelques descriptions de machines reproduisant le mouvement des astres.
Cicéron évoque deux machines semblables. La première, construite par Archimède, se retrouva à Rome grâce au général Marcus Claudius Marcellus. Le militaire romain la ramena après le siège de Syracuse en 212 avant JC, où le savant grec trouva la mort. Marcellus éprouvait un grand respect pour Archimède (peut-être dû aux machines défensives utilisées pour la défense de Syracuse) et ne ramena que cet objet du siège. Sa famille conserva le mécanisme après sa mort et Cicéron l’examina 150 ans plus tard. Il le décrit comme capable de reproduire les mouvements du Soleil, de la Lune et de cinq planètes: Cicero, De Re Publica I, 14 (22). Cicéron mentionne un objet analogue construit par son ami Poseidonios (Cicero, De Natura Deorum II, 34 (88)).
Cette machine de bronze est actuellement fragmentée en trois parties principales et 79 autres plus petites, exposées au Musée Archéologique d’Athènes; elle occupe le volume d’un petit boîtier haut de 21 cm, large de 16 et épais de 5. Les 82 fragments sauvés à ce jour contiennent une trentaine de roues dentées, d’axes et autres éléments. La machine devait probablement être actionnée à la main au moyen d’une manivelle ou d’un élément équivalent.
Son fonctionnement se base sur les mouvements différentiels des engrenages permettant de calculer la position des astres à un moment donné. Les recherches récentes ont fixé l’agencement des cadrans : la face avant possédait des aiguilles indiquant les positions et les phases de la Lune et du Soleil par rapport au Zodiaque, ainsi qu’un cadran correspondant au calendrier solaire égyptien de 365 jours. La face arrière comportait deux cadrans principaux et deux subsidiaires, l’un correspondant à un calendrier astronomique, le cycle de Méton, l’autre correspondant au Saros, cycle de lunaisons permettant de prédire des éclipses. On tournait la manivelle pour régler le mois et l’année sur le calendrier métonique, le calendrier égyptien sur l’autre face permettant de régler le jour. Pour prédire une éclipse, on faisait tourner la manivelle jusqu’à ce que l’aiguille du cadran du Saros tombe sur une inscription correspondant à une éclipse. Le cadran métonique indiquait alors le mois et l’année de cette éclipse. Pour calculer le jour précis de l’éclipse, on se reportait sur la face avant et on tournait la manivelle pour mettre les aiguilles indiquant les positions de la Lune et du Soleil en phase (position de la nouvelle Lune pour une éclipse solaire) ou en opposition de phase (position de la pleine Lune pour une éclipse lunaire), l’aiguille du calendrier égyptien indiquant le jour précis de l’éclipse. Les cadrans subsidiaires donnaient des informations complémentaires, telles que les années et la succession de divers jeux antiques.
Néanmoins, nous sommes encore loin de la représentation fidèle du fonctionnement de la machine. Vu qu’une grande partie n’a pas été trouvée, la question se pose de savoir si elle représentait aussi le mouvement de cinq planètes de l’Antiquité, Mercure, Venus, Mars, Jupiter et Saturne. Les inscriptions trouvées sur le machine, véritable mode d’emploi, semblent corroborer cette hypothèse. La recherche continue…
E. Nicolaïdis
Homère à Alexandrie: l’épopée réveillée par l’érudition
Prof. Charles Doyen (chargé de recherches FRS-FNRS, UCLouvain)
Héritage et souvenir de l’époque mycénienne, l’épopée grecque telle que nous la connaissons s’est structurée à l’époque archaïque, après s’être progressivement nourrie et enrichie de nouvelles valeurs sociales. De cette situation résulte un décalage évident entre le récit, qui est éloigné des auditeurs dans le temps et l’espace, et le message sous-jacent, qui leur est parfaitement contemporain. Dès lors, l’épopée est en permanence le vecteur de l’identité archaïque.
À l’époque classique, alors que se rigidifient les traditions orales qui donnent vie à l’épopée, le matériau épique est remployé par les poètes lyriques qui, comme Pindare, se font les chantres des valeurs aristocratiques ; au même moment, les Tragiques et, en premier lieu, Eschyle, investissent les cycles épiques pour soutenir la démocratie athénienne. Dans ce cadre civique, l’épopée et ses avatars donnent à penser : la poésie est au fondement des réflexions philosophiques de Platon et d’Aristote.
L’efflorescence intellectuelle qui marque les débuts de la dynastie lagide en Égypte remet au goût du jour l’épopée archaïque : d’une part, Homère est le modèle absolu dont s’inspirent ou s’écartent les poètes alexandrins, tels Lycophron de Chalcis, Callimaque de Cyrène ou Apollonios de Rhodes ; d’autre part, les premiers philologues (Zénodote d’Éphèse, Aristophane de Byzance, Aristarque de Samothrace) mettent au point la critique textuelle alexandrine en éditant et commentant l’épopée homérique.
« L’Acropole d’Athènes en mutation: restaurations et nouveautés ».
Rome: polis hellenis? L’identité romaine entre sources et archéologie.
Prof. Marco Cavalieri (UCLouvain et Florence)
Selon la critique historique, le besoin de définir cette cité de l’Italie antique au moyen d’une étiquette ethnique, était déjà très présent bien avant qu’elle ne domine le monde. Sans prétendre à l’exhaustivité, nous chercherons dans cette conférence à comprendre, à travers une série d’exemples, le rapport qu’entretenait Rome avec les divers mondes grecs et les modalités grâce auxquelles s’est noué un tel contact, dans des lieux et à des moments différents.
À travers le filtre des sources littéraires grecques et latines, nous voudrions fournir une synthèse sur les derniers faits archéologiques se rapportant aux influences, à la mode et à la culture grecque à Rome, qui, à la fin du Ier siècle a.C., ont conduit le poète Horace (Epist. II, 1, 156) à écrire la célèbre phrase « Graecia capta ferum victorem cepit, et artes intulit agresti Latio ».
Mais quelle est la part d’influences grecques que la recherche moderne décèle dans l’étude de l’identité romaine exprimée dans le Forum romain, sur le Palatin ou dans le vaste Champ de Mars ? Notre conférence tentera d’apporter des réponses, bien que limitées, à ces questions complexes et parfois épineuses.

M. Cavalieri.

 » La Flagellation» d’Urbino (Pierro della Francesca). Un rêve manqué d’unité européenne ou l’énigme enfin résolue ».

Prof. JP DERIJCKE (conservateur du Musée des Beaux Arts de Tournai)

La « Flagellation » de Piero della Francesca est une des œuvres les plus belles et solennelles de la Renaissance italienne. Il est aussi le plus controversé de toute l’histoire de l’art moderne. La raison en est que sa signification profonde n’a jamais pu clairement être établie depuis que des bataillons d’historiens de l’art se sont penchés sur la question pendant des siècles.
Après une recherche personnelle d’une dizaine d’années sur le tableau à l’occasion d’un long séjour en Grèce et à la suite de déductions entièrement rationnelles, l’identification irréfutable du probable commanditaire de l’œuvre permet d’en préciser le sens autour du rapprochement politique et spirituel gréco-latin provoqué par la pression ottomane sur l’empire byzantin quelques années avant sa chute finale en 1453. Plus que jamais, l’image est d’actualité au moment où ressurgit l’éternelle question des rapports entre Orient et Occident.

JP De Rijcke

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conférences (2012-2013): 25° saison de l’Association Alexandre le grand

Posté le 6 août 2013 @ 15:23 par asblalexandre

Un sommet: tétraconférence: » La représentation de l’humain dans l’art et la pensée en Grèce ancienne »

Rencontre-débat en présence de S.E.M. Alexis HADJIMICHALIS, ambassadeur de Grèce à Bruxelles

S.E. Monsieur l’Ambassadeur Platon Alexis HADJIMICHALIS et Madame

Avec les professeurs F. de CALLATAY ( EPHE Paris), P. MARCHETTI (UCLouvain et Namur), V.PIRENNE (ULiège), D.VIVIERS (Recteur ULBruxelles)

Chers Amis Hellènes et Philhellènes,

A 3 jours de la fête nationale grecque, je suis heureux d’inaugurer la 126e conférence de notre 25e saison. Que de points culminants en 25 ans. Les professeurs de Callataÿ, Marchetti, Pirenne et Viviers vont aborder les valeurs de l’hellénisme, leur place et leur actualité  en Europe, par le biais de « la représentation de l’humain dans l’art et la pensée en Grèce ancienne ».  L’Association Culturelle Belgo-Hellénique « Alexandre Le Grand » de Charleroi a voulu réunir ces Hellénistes qui sont des colonnes d’angle du temple que nous édifions en l’honneur de l’HELLENISME : ils comblent  l’Association Alexandre Le Grand d’une chaleureuse et indéfectible fidélité ; ainsi allons-nous croiser les regards neufs et vifs qui s’attachent à découvrir les œuvres et à retrouver les artistes-artisans et les penseurs avec sensibilité, esthétique et humanisme. Pour eux l’Université n’est pas un vase clos ni un cénacle, mais un lieu de réflexion, de rencontres, de partage de projets. Immense est leur capacité de construire une culture de qualité qui articule des sujets pour les élever et les nourrir dans la connaissance, en contribuant à l’élaboration d’un schéma de la culture hellénique qui parle au-delà des époques sans s’épuiser dans l’individualisme.

Ils vont, pour nous, sonder le cœur de l’âme grecque en nous dévoilant des facettes de l’hellénisme, non pour l’ériger en modèle ossifié à conserver dans un bocal mais pour y puiser un élan qui invite à dépasser la Grèce en faisant refleurir la curiosité qui germa dès l’Antiquité dans son jardin d’anthologie (florilège). Pour notre quatuor, l’hellénisme fut vigoureux quand il s’ouvrit aux influences et non quand il se replia sur soi : ce sont les aspirations de l’humanisme hellénique qu’ils s’emploient à réveiller, réactiver et à renouveler dans leurs recherches et publications, non pour imiter les anciens, mais pour réinventer leur pensée. Magiciens de la communication, ils dialoguent avec les auteurs anciens ou modernes et avec le monde vivant qui a témoigné de son présent par des expressions artistiques et littéraires, des inscriptions, des monnaies …

Nos 4 professeurs abordent les documents sur les anciens Grecs à partir de questions qu’ils n’ont pas posées eux-mêmes ; ils ne font pas de la société un ensemble thématisé, simple, unique totalement homogène et sans conflit ; ils ne lui collent pas d’étiquettes réductrices ni de raccourcis simplistes car ils vont au plus profond, persuadés qu’ils sont qu’à la même époque coexistaient des mentalités d’âges divers, des précurseurs aux idées folles, des inventions imprévisibles, des événements rompant le cours habituel du temps ainsi que des conservatismes résistant aux changements jugés déstabilisateurs. Bref, ils tentent de saisir dans les sociétés étudiées toutes les turbulences, les confrontations, les débats qui constituent la vie des hommes en brisant la chape des stéréotypes et des apparences « évidentes » et simplistes. Ils recherchent les fils de l’humanisme (ανθρωπισμός) pour réaliser une toile aux multiples synapses.

De nombreuses publications fouillées émanent de leurs recherches menées avec rigueur et talent , ce qui les amènent à participer à des colloques et séminaires nationaux et internationaux et à en organiser avec une énergie intellectuelle et matérielle sans borne (illimitée). De plus leur engagement les conduit à créer des synergies qui se concrétisent dans des comités ou des commissions scientifiques,  des institutions en Europe et ailleurs. Tous exercent des responsabilités dans des Revues internationales concernant l’Antiquité grecque. Ils éditent régulièrement les actes de colloques ou congrès.

C’est pour nous un honneur de pouvoir réunir ce quatuor à cordes sensibles pour un dialogue oxygénant : lors de leurs interventions, vous serez enchantés  par le feu de leur enthousiasme (ενθουσιασμός.., l’éclatante pertinence de leurs arguments,  l’acuité nuancée de leur analyse, la brillance de leur exposé, la capacité à  débattre dans l’ouverture de la rencontre.

Mais l’humanisme comporte de multiples facettes (polymorphe, polychrome, polyphonique,…) : alors, je ne vais pas confondre dans un même moule les orateurs distingués de ce soir, mais vais chercher la substantifique moëlle de la carrière de chacun pour vous en livrer un abrégé ouvert aux recherches. Je n’éviterai pas le risque d’amputer un tel foisonnement d’idées de réflexions et de réalisations..

Le thème qui sera  évoqué devant vous sera « La représentation de l’humain dans l’art et la pensée en Grèce ancienne », en tenant à l’œil l’actualité.

Chacun d’eux abordera la thématique de la représentation de l’humain sous un angle différent : la religion pour Vinciane Pirenne, la sculpture pour Didier Viviers, l’architecture pour Patrick Marchetti et les monnaies pour François de Callataÿ : vous verrez qu’ils ont plus d’une corde à leur arc et à leur lyre, comme Apollon.

Philippe Valentin.

« L’argent et la loi. La dérive contemporaine d’une loi de l’argent, à partir des analyses d’Aristote ».
Prof. Sophie KLIMIS (Fac. St Louis Bruxelles)

« Si la cité s’est constituée pour permettre de vivre (zèn), une fois qu’elle existe, elle permet le bien vivre (eu zèn) ». Dans son traité des Politiques, Aristote met en évidence ce qui distingue la simple perpétuation de la vie biologique, que les humains ont en partage avec tous les autres êtres vivants (nutrition, reproduction), du « bien vivre », qui leur est spécifique. Ce « bien vivre » désigne la vie consacrée à l’action politique du citoyen et la vie consacrée à l’étude du philosophe, qui mobilisent les facultés spécifiquement humaines que sont la raison (logos) et l’intellect (noûs). C’est dans ce contexte qu’Aristote envisage le statut de deux inventions humaines : l’argent et la loi. Si l’argent est pour lui la création d’une mesure symbolique qui permet de rendre commensurables des réalités hétérogènes, il est aussi ce qui fait basculer l’humain « dans le désir de l’illimité ». L’argent fait désirer toujours plus d’argent, alors que les biens naturels, comme les terrains ou les maisons, « on les désire de façon limitée, selon ce qui est nécessaire pour le bien vivre ». De là à dire que l’argent, s’il devient une fin en soi, peut mettre en péril le bien vivre politique, il n’y a donc qu’un pas… Au contraire, la loi est définie par Aristote comme étant « un intellect sans désir ». C’est elle qui crée l’égalité entre tous les citoyens (isonomie), en instaurant une « mesure » qui est aussi une « limite » : tous les citoyens y sont soumis de la même manière, parce que tous ont aussi pu activement participer à son élaboration, dans le contexte d’une démocratie directe.
Dès lors, il s’agira ici d’interroger à la lumière des analyses d’Aristote le paradoxe contemporain d’une loi de l’argent, ou encore de la soumission du politique à l’économique. En érigeant l’argent comme fin ultime et valeur suprême, le système néolibéral a fait basculer l’humain dans le « désir de l’illimité ». A nous, en tant que citoyens, d’oser discuter ensemble sur la place publique des formes du « bien vivre » que nous désirerions lui substituer.

« Cent ans de fouilles à Thasos ».
Prof. Dominique MULLIEZ,( membre correspondant de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres, ancien directeur de l’École Française d’Athènes, professeur à l’université Paris-Sorbonne (Paris 4)

En 1910, au retour d’un séjour à Thasos, où les trouvailles de sculptures et d’inscriptions étaient courantes et où seuls quelques sondages avaient eu lieu jusque-là, Charles Picard
convainquit le directeur de l’École française d’Athènes d’entreprendre une fouille d’envergure.
Ainsi commença l’exploration archéologique de Thasos, dont on vient de célébrer le centenaire.
En 1911, la ville antique était encore en grande partie cachée sous les champs et les jardins de la modeste échelle de Liménas.
Les premiers fouilleurs commencèrent par explorer les zones où des vestiges étaient visibles, mais, progressivement, se mirent en place les pièces d’un puzzle
et fut reconstituée dans ses grands traits l’image d’une cité grecque avec son rempart, ses sanctuaires, son centre monumental et son théâtre, ses quartiers d’habitation et ses nécropoles.
À partir des années 1980, c’est le territoire même de la cité qui fit l’objet de nouveaux programmes, de sorte que toutes les caractéristiques d’une cité grecque ont ainsi été abordés,
son cadre urbain et son territoire, ses institutions civiques et religieuses, sa vie économique et artistique.
C’est cette aventure scientifique et humaine que retrace la conférence consacrée au centenaire des fouilles de l’École française d’Athènes à Thasos.

« Sous l’éclat de la sibylle : l’imaginaire de la Grèce chez Henry Bauchau »
Prof. Myriam WATTHEE-DELMOTTE (FNRS, UCLouvain, Fonds H. Bauchau UCL, Académie Royale de Belgique); avec la récitante Martine VANDEPEENE.

Henry Bauchau, doyen des lettres belges, vient de nous quitter ce 21 septembre 2012 et il a rejoint la légende : il aurait eu cent ans ce 22 janvier. Il est resté actif jusqu’à la fin ; son dernier poème est signé de trois jours avant sa mort.
L’imaginaire de la Grèce traverse son oeuvre de part en part. Il fait de nous des contemporains d’Alexandre le Grand, des arpenteurs de l’Attique en compagnie Oedipe, des amis d’Antigone…. A partir de l’image de la Sibylle grecque, Henry Bauchau a compris, à plus de 30 ans, comment reconstruire sa vie sur ses ruines et il a refait une place dans la littérature pour ce qui, depuis trop longtemps, n’y était plus inclus : l’espérance. Dans ses poèmes, son théâtre, ses romans Oedipe sur la route et Antigone entre autres, il a donné une voix à ce qui reste dans l’ombre de notre société d’action trépidante : la solidité de ce qui s’élabore dans la lenteur, la force insoupçonnée du rêve, la puissance de la présence attentive à autrui. Il nous donne une formidable leçon d’endurance, de responsabilité et de sagesse, qu’il puise dans sa connaissance érudite du monde de l’Antiquité.
C’est à l’exploration des valeurs et des saveurs du monde imaginaire de cet auteur majeur de notre siècle que nous introduira cette soirée. On alternera l’information assurée par le Professeur Myriam Watthee-Delmotte, Directrice du Fonds Henry Bauchau de l’UCL, et des interventions de la Sibylle , mises en voix par la comédienne Martine Vandepeene.

« Techniques et croyances des alchimistes grecs de l’Antiquité et du Moyen Age »
Prof. Robert HALLEUX (U Liège)

Dans la littérature grecque, les textes alchimiques sont probablement les plus difficiles. Ils ont été écrits pour n’être pas compris sauf par les initiés. Du Ier siècle au XVe, la tradition manuscrite a multiplié les corruptions textuelles et les écrans filtrants.
La conférence s’efforcera de débrouiller l’écheveau des traditions, de situer les auteurs dans leur temps et leur milieu, avant de poser la question-clé : que se passait-il dans le fourneau de l’alchimiste ? On verra comment les alchimistes, s’appuyant sur les techniques avancées des orfèvres, des verriers et des teinturiers, se sont efforcés d’en comprendre les principes dans le cadre de leurs théories de la matière, pour les appliquer à l’entreprise chimérique de la transmutation.

« Les Etrusques face aux Grecs. L’hellénisation de l’Etrurie à travers les découvertes archéologiques récentes  et les collections du Musée de Mariemont et de l’exposition au Musée de Tongres ».

Prof Paul FONTAINE (Fu St Louis Bruxelles)  & Annie VERBANCK-PIERARD (Musée Royal de Mariemont)

À travers leurs colonies et leur commerce maritime, les cités grecques se manifestent comme semeuses de civilisation sur les pourtours de la Méditerranée au premier millénaire av. J.-C. Les Étrusques, comme d’autres peuples de l’Italie, furent pris dans le mouvement et, paradoxalement, construisirent leur identité en empruntant largement au monde grec.
Après une brève mise en contexte, la première partie de l’exposé (P. Fontaine) montrera comment l’archéologie et l’épigraphie permettent, mieux que la tradition littéraire – exclusivement grecque et partiale, d’appréhender la réception de la culture grecque en Étrurie : différents exemples tirés de l’architecture et de la peinture autant que de l’artisanat illustreront cette appropriation de modèles grecs, souvent réinterprétés de manière originale, avec, le cas échéant, un jeu d’influences inversé, des Étrusques vers les Grecs. Tant il est vrai que la culture de ces derniers ne s’implante pas dans un désert, mais dans un milieu à fortes traditions indigènes. L’exposé recoupera ainsi le thème général de l’exposition sur les Étrusques nouvellement inaugurée à Tongres.
La seconde partie de l’exposé (A. Verbanck) s’attachera, dans la même perspective de la rencontre des cultures, à quelques pièces majeures de la collection étrusque du Musée royal de Mariemont.

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conférences (2011-2012)

Posté le 19 novembre 2012 @ 16:12 par asblalexandre

« La danse dans l’art byzantin : un parcours iconographique« .

Prof. Catherine Vanderheyde ( U. Strasbourg et ULB)

« La danse est toujours née d’un rituel. Qu’il soit social, magique, ou, pour la plupart du temps sacré ». Cette citation de Maurice Béjart se vérifie particulièrement pour les représentations de danseurs dans l’art byzantin. Un choix de documents iconographiques illustrera ce thème central. Nombreuses sont notamment les images de danseuses associées à un rituel de triomphe. La plupart trouvent leur légitimation dans plusieurs épisodes bibliques. Mais au-delà des rituels auxquels la danse est associée, nous observerons comment les procédés iconographiques furent mis en oeuvre, avec plus ou moins de succès, pour figurer le mouvement de la danse. Certaines représentations sont manifestement empruntées à l’Antiquité mais d’autres semblent refléter des événements festifs de la vie quotidienne à l’époque byzantine.

« Le retour quantifié du « miracle grec » : le bien-être en Grèce ancienne mesuré sur la longue durée. »

Prof. François de Callataÿ (Bibliothèque Royale de Belgique, ULB, Ecole pratique des hautes études, Paris)

Le « miracle grec » est une expression qui dit sur le mode majeur notre émerveillement pour tout ce que le monde actuel doit à la Grèce ancienne, en particulier s’agissant de l’éveil de la pensée philosophique, de la naissance de la tragédie et bien sûr de l’éclosion de la démocratie. Cet émerveillement, qui – sources obligent – vise d’abord l’Athènes du 5e s., n’est pas prêt de disparaître tant il est loisible à nos esprits de concevoir une épure de la civilisation grecque en forme de société idéale, à la fois refuge et arme défensive contre toutes les barbaries contemporaines. Les chantres de ce miracle grec furent nombreux à travers les époques et, s’il faut se limiter à ne citer qu’une voix contemporaine, comment ne pas penser ici à la grande figure lumineuse de Jacqueline de Romilly.

Or ce miracle, qui aura beaucoup pâti de la quantification lors des dernières décennies du 20e s. (une démocratie pour quelques-uns en interne, un impérialisme oppressant mesuré notamment en montants tributaires à l’extérieur), reparaît aujourd’hui sous une forme inattendue : celle d’un bien-être dont on peine à trouver l’équivalent sur la longue durée jusqu’à une époque très récente de notre histoire. Il est question ici de critères anthropométriques comme la taille des individus ou l’espérance de vie, de la surface des habitats, du degré d’urbanisation, des salaires et de leur pouvoir d’achat, de l’importance de la classe moyenne et de la répartition des richesses.

Les indices convergent pour faire du monde grec – du moins du cœur de celui-ci, l’Attique et l’Egée aux périodes classique et hellénistique – le lieu d’une qualité de vie inégalée jusqu’à tout récemment. C’est bien au « retour du miracle grec » auquel nous assistons, un retour par les chiffres qui en modifie sensiblement la perspective, répercutant en cela les sensibilités d’aujourd’hui. L’émerveillement s’est déplacé. On retrouve sans surprise les grandes préoccupations contemporaines que sont, dans l’ordre à la fois chronologique et de difficulté de traitement, 1) la croissance, 2) le bien-être et 3) le bonheur.

« Le monnayage d’Argos : miroir d’un panthéon très riche. »

Prof. Patrick Marchetti (FNDP Namur, UC Louvain)

Le monnayage d’Argos, depuis le début du Ve siècle avant J.-C. jusqu’au IIIe siècle après J.-C., offre une très riche palette de types monétaires. Il est donc relativement aisé, à partir d’eux, de découvrir, époque après époque, les grandes tendances du panthéon local. Depuis le loup, emblème de la cité et qui renvoie au dieu poliade, l’Apollon Lycien, jusqu’à la mise en scène, au IIIe siècle de notre ère, d’une hiérogamie associant Zeus et Hèra, on y voit évoquer toutes les grandes légendes héroïques et mythologiques du fonds argien, celui-là même qui nourrissait l’imagination des chantres de l’épopée : Diomède enlevant le Paladium, Hèra argienne, Persée, les Danaïdes, et tant d’autres à leur suite. L’époque romaine, si riche en types nouveaux, offre une panoplie pour ainsi dire complète des légendes grecques les plus vivaces à l’époque d’Hadrien. La variété des types autorise aussi à constater, pour cette époque, les métamorphoses du panthéon, réalisées sous la pression du pouvoir, autant que la résurgence de nombreux jeux locaux ou panhelléniques. Le monnayage se révèle alors une source de premier plan pour analyser comment une cité provinciale, membre du Panhellénion et donc référence consacrée de l’hellénisme, se repait de son passé pour se consoler de ne plus être au cœur de l’histoire.

« Au royaume d’Alexandre Le Grand. La Macédoine antique. »

Prof. Sophie Descamps (Ecole du Louvre), Conservatrice en chef du patrimoine, département des Antiquités grecques, étrusques et romaines au Musée du Louvre.

L’exposition « Au royaume d’Alexandre le Grand. La Macédoine antique » est née d’une étroite collaboration entre le musée du Louvre, le musée archéologique de Thessalonique et les Ephories des Antiquités préhistoriques et classiques de la Grèce du Nord. Son commissariat est à la fois grec et français. Elle a été conçue pour faire connaître la richesse du patrimoine artistique de cette région de la Grèce – la Macédoine -, encore ignoré du grand public tant les découvertes sont récentes.

Il a fallu attendre 1977 et la mise au jour à Aigai/Vergina de plusieurs sépultures royales, parmi lesquelles celle non profanée de Philippe II, le père d’Alexandre le Grand, pour prendre véritablement conscience du potentiel archéologique exceptionnel de la Grèce du Nord. Sur ce site prestigieux, identifié avec celui de la première capitale du royaume de Macédoine, les archéologues ont retrouvé en 1982 le théâtre où Philippe fut assassiné en 336 avant J.-C., puis en 1987 une tombe qui pourrait être celle d’Eurydice, grand-mère d’Alexandre, en 1988 la sépulture de la « Dame d’Aigai » morte vers 500 av. J.-C. ou encore en 2008 un ensevelissement énigmatique qui impose de réécrire l’histoire antique car il est vraisemblable qu’il s’agit de la sépulture d’Héraklès, fils d’Alexandre le Grand, assassiné par Cassandre. Les fouilles de plusieurs nécropoles macédoniennes révèlent également le faste d’une classe de notables et d’une élite proche des rois. Elles confirment l’intensité des échanges artistiques et commerciaux entre la Macédoine et les autres régions du monde grec.

L’exposition présente près de cinq cents œuvres, dont plusieurs inédites. Elle retrace de manière chronologique et thématique l’histoire de la Macédoine antique depuis le XVe siècle avant notre ère jusqu’à l’époque romaine impériale, avec des temps forts liés aux règnes des souverains les plus importants. Sans l’intelligence politique et l’ambition de certains de ses rois, sans l’exceptionnelle envergure stratégique de Philippe II, roi réformateur, les conditions d’une expansion vers l’Est n’auraient pas été réunies et Alexandre III, n’aurait pu, à vingt-deux ans, partir à la conquête de l’Orient.

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Liste conférenciers(n-y)

Posté le 7 septembre 2011 @ 11:36 par asblalexandre

Prof. Efthymios NICOLAIDIS (Fondation Nationale de la recherche Scientifique Athènes)

« L’énigme de la machine d’Anticythère »

« La mesure du temps en Grèce et Rome antique. »
(En collaboration avec le Professeur Patrick Marchetti)

« Le mécanisme d’Anticythère à la lumière des derniers résultats des recherches »  Présentation en exclusivité du modèle reconstitué de ce mécanisme.

Prof. Cl. OBSOMER (UCL)

 » Cheops, Sesostris et Osymandyas, pharaons de l’Egypte ancienne à travers les témoignages des historiens grecs.»

« Le labyrinthe crétois: du mythe à la réalité »

Mr Julien Olivier (Bib. Nat. France) 

« Stocks métalliques et monnaies dans l’Empire d’Alexandre ».

Prof. M. PANAYOTIDI (Univ. Athènes)

« La peinture monumentale médiobyzantine dans les provinces de l’empire byzantin (843-1204). »

E. PAPAYANNOPOULOU (Univ. Mons-Hainaut)

« Un parcours mythologique grec de la ville de Bruxelles à travers ses monuments historiques. « 

Prof. P. PETRIDIS (Univ.Athènes & Crète)

« D’Apollon à Jésus, de la Pythie à Athanassia : culte et vie quotidienne à Delphes dans l’Antiquité tardive. « 

Prof. V. PIRENNE-DELFORGE (Directrice de recherche du F.R.S.-FNRS à  l’Université de Liège)

« Les visages d’Aphrodite »

« La religion des Grecs et l’Orient. »

« Cet obscur objet du désir : la nudité féminine entre Orient et Grèce. « 

« Négocier son destin avec les dieux: la figure des moires en Grèce ancienne. »

« La prêtresse grecque antique : une femme de pouvoir ? »

« L’Héra de Zeus. Epouse définitive et ennemie intime. »

Prof. F. PICHON (docteur en philosophie et lettres (orientalisme))

« Alexandre Le Grand et les Juifs. »

Mr Antonio RICCIARDETTO (Université Paris Sciences & Lettres, Collège de France, (Paris),  U. Liège)

« Devenir médecin dans l’Égypte gréco-romaine : le témoignage des papyrus documentaires grecs. »

Prof. Karine RIVIERE (Ecole Française-archéologie- d’Athènes)

« L’alimentation en Grèce antique. »  Au-delà de la subsistance ? Alimentation et mise en ordre du cosmos en Grèce à l’époque archaïque.

Prof. Athanase D. RIZAKIS (Université Nancy 2)

« Philippes, ville de Macédoine, Société, religion et culture , au moment de la visite de Saint Paul; »

Prof. Bruno ROCHETTE (U.Liege)

« La Romanité et le bilinguisme gréco-latin à Byzance. La circulation des textes à Constantinople à l’époque de Justinien. »

Prof. Aliénor RUFIN SOLAS (Docteur en Histoire de l’Université Paris IV (Sorbonne)).

« L’or, la brute et les Truands

Philippe II de Macédoine et les Thraces. »

Prof. J.M. SANSTERRE (ULB)

« L’empereur et l’empire dans l’idéologie byzantine. »

M. SARTRE (Univ. Tours)

 » Le Proche-Orient après Alexandre : Arabes et Juifs face à l’hellénisme. « 

Mme A. TIHON (UCL)

« Alexandrie, phare de sciences antiques. « 

« Byzance et la première croisade. »

Mme A TSINGARIDA (ULB)

« Émotions à boire : la représentation des passions dans la Céramique grecque. »

 » La jeune fille et la mort. Croyances et rituels funéraires à Athènes au Ve siècle ACN. »

« L’antiquité au service de la modernité? Archéologie classique, collections d’antiques et mouvements artistiques européens au XIXe siècle »

Prof. C. VANDERHEYDE (Univ. Strasbourg et ULB)

« Eglises byzantines d’Epire : leur histoire et leur décor. « 

« Athènes et la Grèce centrale à la période byzantine. »

« La danse dans l’art byzantin : un parcours iconographique. »

Prof. F. VAN GOETHEM et MR M. DALOZE

 » Les amours du Taureau dans la mythologie et l’art. « 

Prof. J. VAN SCHOONWINKEL (Univ. Nice)

« La fin du monde mycénien: éclairages nouveaux sur une période obscure. »

Prof. Catherine VANDERHEYDE (ULB et U. Strasbourg)

« Trésors de l’art byzantin: orfèvrerie,mosaïques,icônes, peinture monumentale,… »

Mme A. VERBANCK-PIERARD, (Conservatrice du Musée de Mariemont)

« Héraclès, héros millénaire. Mythe et Images, de la Grèce antique à l’Europe contemporaine. « 

« La médecine grecque, la plus grecque des sciences. « 

« La peinture grecque: une belle inconnue se dévoile. »

« La modernité de Galien, médecin grec dans l’Empire romain ».

Prof. D. VIVIERS (ULB)

 » La Crète, une terre de confins au cœur de la Méditerranée orientale. « 

 » Quand les artisans se nomment: sculpteurs et clients en Grèce ancienne. »

« Apamée de Syrie. L’eau et la ville. »

Prof. E. VOUTIRAS (Univ. Aristote Thessalonique)

« Les Cultes orientaux à Thessalonique. »

« Vie, enseignement et images des philosophes à Athènes dans l’Antiquité. « 

Prof. H. WALTER (U. Rennes)

« Le grec au coeur des langues de l’Europe. Application au vocabulaire zoologique. »

Prof. M. WAELKENS (KUL)

 » Les fouilles à Sagalassos. (Turquie). »

Prof. P.WATHELET (ULg)

« Ulysse, d’Homère à aujourd’hui (dans l’art et la littérature). »

« Voyages initiatiques dans la mythologie. »

« Le mythe de Prométhée dans la littérature et l’art »

Prof. M. WATTHEE – DELMOTTE (FNRS, UCLouvain, Fonds H. Bauchau UCL, Académie Royale de Belgique)

« Sous l’éclat de la sibylle: l’imaginaire de la Grèce chez Henry Bauchau. »

Prof. N. YALOURIS (Univ. Athènes, Directeur général des fouilles archéologiques)

« Les sculptures du temple de Zeus à Olympie. Message artistique et religieux. »

« La guérison et l’art au sanctuaire d’Asklépios à Epidaure. »

Prof. P. YANNOPOULOS (UCL)

« Chios byzantine. Le monastère de Nea Moni. »

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Posté le 7 septembre 2011 @ 11:24 par asblalexandre

Prof. T. HACKENS (UCL)

« Sur les traces d’Alexandre le Grand en Orient, du Caucase à l’Inde. »

« Conscience, audace et création: propos peu classiques sur les artistes et  écrivains du Ve siècle grec. Le classique face a la contestation: une attitude contemporaine. »

« Circulation des métaux précieux dans l’antiquité grecque. »

« Alexandrie: la science des Ptolémées. »

Hommage à Tony Hackens. Témoignage.    

Il y a 20 ans décédait Tony Hackens. Il fut, avec Jean-Charles Balty et Guy Donnay, l’un des trois premiers conférenciers qui firent confiance à « Alexandre Le Grand de Charleroi » la première année de sa fondation en 1988. Cette confiance nous enrichit et nous fit traverser des rêves que nous n’avions pas imaginés pour puiser aux sources helléniques de la civilisation européenne.

J’ai connu Tony Hackens comme jeune professeur en 1966 il avait 27 ans. Il couronna mon itinéraire de philologue classique en l’illustrant par l’archéologie, comme l’avait commencé le professeur Franz De Ruyt.

Il est celui qui me fait penser que je n’aurais pas voulu exercer un autre métier. Il fut un tremplin sur lequel j’ai eu le plaisir de bondir. Ses qualités étonnaient : goût de transmettre l’enthousiasme, le souffle, l’élan, le coeur. Il était un photophore, porteur de lumière inextinguible ((φως άσβεστον ). Ses yeux malicieux exprimaient une âme complexe, curieuse et impatiente avec une verve étonnante.

Il déployait une énergie qu’il transformait facilement en synergie et partageait la culture de la curiosité sans segmentation. Il a même invité à Charleroi le professeur Ross Holloway de l’Université de Providence (USA) qui venait d’être reçu Docteur Honoris Causa de l’UCL en 1997. Le flambeau humaniste, il l’a transmis à des professeurs qui viennent ici (Patrick Marchetti & François de Callataÿ) et le transmettent à d’autres comme Charles Doyen.

C’est l’occasion d’honorer toute la famille humaniste des conférenciers de tous horizons qui offrent leur estime à l’Association Alexandre Le Grand de Charleroi depuis 30 ans. Ce sont ces professeurs exceptionnels que nous aimons retrouver ici pour célébrer la flamme humaniste aux racines helléniques. Ils nous donnent l’audace d’inviter des conférenciers haut de gamme qui se mettent à notre portée pour élever notre réflexion et favorisent l’audace de nos rêves les plus fous même s’ils sont indéterminés.

Le 10 novembre 2017, Philippe VALENTIN, président.

Prof.R. HALLEUX ( U.Liège)

« Techniques et croyances des alchimistes grecs de l’Antiquité et du Moyen Age. »

Prof. M. HATZOPOULOS (Directeur du Centre de Recherche de l’Antiquité Grecque et Romaine à Athènes. Membre de l’Académie d’Athènes et de l’Institut de France (Académie des Inscriptions et Belles lettres)).

« La Macédoine de Philippe, d’Alexandre et de leurs successeurs, révélée par des documents inédits:

1. Une journée fatale à Aigeai :historiens, romanciers et un papyrus d’Oxyrhinchos.
2. Une ambassade qui n’est jamais rentrée au pays et les plans d’Alexandre d’après une inscription de Philippes. »

Prof. R. Ross HOLLOWAY (Brown University – Providence, USA)

« Fouilles d’Ustica, en Sicile, souvenirs d’Homère et de l’Age du bronze. »

Prof. Bernard HOLTZMANN (Paris -Ouest Nanterre)

« L’Acropole d’Athènes en mutation: restaurations et nouveautés »

M. KATCHADOURIAN (Univ. Alexandrie)

 » Alexandrie entre Grecs et Romains »

Mme S. KLIMIS (Univ. Lausanne ; Fac. Univ. St Louis Bruxelles)

« L’institution imaginaire de la démocratie dans la tragédie athénienne.

« La crise financière vue au miroir des Grecs de l’Antiquité. »

« Du vivre biologique (zen) au bien vivre politique (euzèn): l’argent et la loi. La dérive contemporaine d’une loi de l’argent, à partir des analyses d’Aristote. »

« La justice mise en scène(s): de la transaction au tribunal (Homère,Hésiode, Eschyle, Platon). »

Prof. A. KOEKELENBERGH (IRM, Observatoire d’Uccle)

« Propos non exhaustifs sur la mesure de Terre par les anciens. »

M. KOHL (Univ. Lille 3)

« Le ville, image du monde : projets et créations urbains à l’époque hellénistique : Mt Athos, Alexandrie, Pergame. « 

L. KONSTANTATOS (UE)

« Les Investissements de l’Union Européenne en Grèce, à travers le Fonds de Cohésion. « 

Mr J. LACARRIERE (écrivain et helléniste)

« Réflexion sur la filiation entre les deux Grèce et sur leurs irréductibles différences. »

Prof. R. LAFFINEUR (ULg)

 » Mycènes, riche en or. « 

« Entre Minoens et Mycéniens : Acrotiri de Théra (Santorin) »

« Thorikos d’Attique: un centre palatial mycénien. »

Prof.  J. LAFONTAINE – DOSOGNE (UCL et MRAH Bruxelles)

« L’art byzantin de Constantinople, du IVe au XVe siècle. »

S. LAVENNE (FNRS-UCL)

« Les tombes royales de Vergina en Macédoine. « 

Prof. R. LEBRUN (UCL)

 » Les cultures d’Asie mineure face à l’hellénisme alexandrin « 

N. MAKRIS (Ecole Européenne Bruxelles)

 » La beauté dans la poésie de Seferis. » Textes lus par Stéphanie LECLEF (comédienne)

Mme A.-M. MANIERE (Labor. Archéologie de l’ENS Paris)

« Apamée et Zeugma: richesse des carrefours antiques »

Prof. P. MARCHETTI (FNDP Namur, UCL)

« La construction d’un temple: un acte sacré et mathématique. Des temples de Sicile au Parthénon. »

« La recherche de 1’unité au IVe siècle: Grecs ou Grec ? « 

« Les Danaïdes. Les métamorphoses et l’implantation civique d’un mythe » Illustration par diapositives à Argos.

« La femme grecque : de Médée à Pénélope. « 

« Perses et Grecs: des rapports ambigus. Des guerres médiques à Alexandre le Grand. »

« Le monnayage d’Argos : miroir d’un panthéon très riche. »

 » La mesure du temps en Grèce et Rome antique. » (En collaboration avec le Professeur Etftimios Nicolaïdis)

Prof. M.H. MARGANNE (U.Liège)

« La médecine de l’Egypte gréco-romaine révélée par les papyrus. »

Mme N. MASSAR (MRAH Cinquantenaire)

« La rose, la cannelle et la myrrhe. Les parfums de la Grèce ancienne, un monde envoûtant »

Prof. L. MIGEOTTE (Univ. Laval – Québec)

« Démocratie à Athènes et au XXe siècle. »

Prof. Cl. MOSSE (Paris 8 et CNRS)

« Les mythes d’Alexandre. « 

« L’affaire des Hermocopides à Athènes en 415ACN : acte impie ou manœuvre politique ? »

Prof. A. MOTTE (ULg)

« Le message religieux d’Eleusis. « 

 » Traditions pèlerines de la Grèce antique: la venue d’un dieu et le rassemblement des hommes. »

 » Le prophétisme en Grèce ancienne: entre irrationnel et rationnel. »

Prof. E. MOUTSOPOULOS (Académicien)

« Le ferment grec de La civilisation européenne. »

Prof. A. MULLER (Univ. Lille 3)

« L’art en série en Grèce antique : la petite plastique grecque. »

« L’archéologie de l’économie d’une cité grecque antique : THASOS. « 

« 1800 kilos de terres cuites votives à Durrës (Albanie). Formes et significations des offrandes à l’Artémis de Dyrrhachion. »

Prof. D. MULLIEZ (Professeur Paris-Sorbonne, ancien directeur de l’Ecole Française d’Athènes, membre correspondant de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres (Paris)

« Epigraphie et Histoire. Parcours à travers les Inscriptions de Delphes. « 

« Cent ans de fouilles à Thasos. »

« Statut légal et position sociale des esclaves et des affranchis dans la cité de Delphes. Le témoignage des inscriptions ».

 

Prof. M. MUND-DOPCHIE (présidente de l’Académie Royale de Belgique)

« Terres imaginaires et grandes découvertes à la Renaissance, grâce a la tradition antique ».

 » L’âge d’or et ses territoires. De l’Antiquité à l’ère du tourisme mondialisé : permanences et transformations du mythe hésiodique ».

 

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