Conférences(2008-2009)

Posté le 7 octobre 2008

« La rose, la cannelle et la myrrhe.   Les parfums de la Grèce ancienne, un monde envoûtant »

Mme Natacha MASSAR (MRAH Cinquantenaire)

Le parfum est partout présent dans le monde grec antique. L’huile et les onguents parfumés sont des outils de séduction. Mais au-delà de cet usage qui nous paraît familier, ces produits accompagnent aussi les gestes quotidiens, les activités conviviales comme les banquets, les cérémonies nuptiales ou funéraires, ainsi que les rituels. Les parfums, mais également les fleurs et les feuillages tressés en couronnes ou en guirlandes, ainsi que les fumées odorantes de la myrrhe ou de l’encens séduisent l’odorat des hommes et des dieux.
Les bonnes odeurs de l’Antiquité ne sont pas seulement une source de plaisirs et de bienfaits, mais représentent aussi un artisanat aux recettes complexes. La fabrication des huiles parfumées requiert un savoir-faire particulier, des installations, des ingrédients précis.
La fabrication, le flaconnage, les usages des parfums antiques seront évoqués à travers les objets, les images et les textes. Ces sources variées nous permettent d’approcher quelques instants le monde évanoui des odeurs qui ont séduit les Grecs de l’Antiquité.

« Athènes et la Grèce centrale à la période  byzantine ».

Prof. Catherine  VANDERHEYDE (ULB,  U  Strasbourg)

Reconstituer l’aspect et la topographie d’Athènes à la période byzantine n’est pas chose facile et exige un gros effort d’imagination. Depuis le début du xxe siècle, une extension urbaine très rapide a en

effet détruit et occulté une grande partie de son passé. De plus, les mesures de conservation des monuments ont longtemps concerné essentiellement les édifices antiques, parfois au détriment des constructions médiévales. Il n’existe donc plus de maisons, d’ateliers, de places, de rues datant de cette époque. Cette conférence tentera de retracer l’histoire d’Athènes et de sa région à la période byzantine en recourant à l’étude des églises mais aussi à celle des textes, aux gravures anciennes et aux vestiges archéologique.

« Perses et Grecs: des rapports ambigus. Des   guerres médiques à Alexandre le  Grand. »

Prof. P.  MARCHETTI (FUNDP Namur, UCL)

L’admiration que l’on voue, à juste titre, à la Grèce occulte assez naturellement l’histoire d’autres peuples. Parmi ceux-ci les Perses occupent une place particulière: adversaires des Grecs à leur zénith, ils ont constitué le socle sur lequel se sont élevés les plus grands monuments de leur histoire. Ce sont les grandes victoires de Marathon, Salamine et Platées qui ont permis la constitution de l’empire athénien et ainsi préparé le désastre que constitue la guerre du Péloponnèse. Après l’effondrement d’Athènes, largement dû au soutien que les Perses ont apporté aux Spartiates, les Perses n’ont plus cessé d’arbitrer à leur manière, par le versement de subsides de guerre, les conflits entre états grecs, jusqu’à ce qu’un conquérant hors pair, Alexandre le Grand, détruise leur fabuleux empire : Marathon (480) et Gaugamèles (331), deux grandes défaites perses, sont ainsi devenues les deux événements extrêmes  qui encadrent l’époque classique grecque. L’omniprésence des Perses dans l’histoire grecque de cette époque trouve naturellement de très nombreux échos dans la littérature grecque. Il vaut la peine, en les ranimant, de s’interroger sur la manière dont les Grecs ont évoqué ces                   « barbares » qui ne parlaient pas leur langue, mais dont ils se sentaient plus proches qu’on ne l’imagine.

« Le labyrinthe crétois: du mythe à la réalité. »

Prof.Claude OBSOMER (UCL, IC de Paris, FUNDP Namur)

L’épisode crétois des aventures de Thésée, tel qu’il nous est livré par Plutarque, résulte d’une élaboration progressive dont il importe de distinguer les strates successives si l’on cherche à comprendre ce qui, en Crète, fut à l’origine de la Minotauromachie. Un parcours des attestations iconographiques et textuelles, classées chronologiquement, permet de mettre en lumière les données assurément les plus anciennes.

Par ailleurs, le terme « labyrinthe », attesté en grec classique pour la première fois chez Hérodote, a donné lieu à des étymologies bien différentes, en lien avec la Crète ou même

l’Egypte. En lien avec ces propositions d’étymologie, on a cherché à identifier le lieu des exploits de Thésée : une zone du palais de Cnossos ou telle caverne crétoise ?

L’objet de la conférence sera de mettre en exergue les données les plus anciennes, en proposant une origine rituelle au mythe en lien avec le schéma dit du « Labyrinthe ».

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