conférences (2017-2018)

Posté le 11 octobre 2017

« Statut légal et position sociale des esclaves et des affranchis dans la cité de Delphes. Le témoignage des inscriptions ». 

Dominique MULLIEZ
(ancien directeur de l’École française d’Athènes EfA,membre correspondant de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres ; Professeur à l’université Paris-Sorbonne)

Avec plus de 1300 documents répartis sur trois siècles (de 200 av. notre ère à la fin du ier s. de notre ère le corpus des actes d’affranchissement représente l’ensemble le mieux représenté au sein du sanctuaire de Delphes. Mentionnant près de 5000 personnes libres et plus de 1400 esclaves affranchis, il nous introduit, comme l’écrivait G. Daux, « dans la connaissance familière de la communauté delphique ». Il permet non seulement de cerner le statut légal de l’esclave et de l’affranchi, mais aussi de mesurer la distance qui sépare ce statut de la position que l’on concède parfois à l’esclave au sein de l’oikos et à l’affranchi au sein de la société. Les dispositions qu’on y observe laissent voir avec quelle souplesse on gérait pratiquement les situations, quitte à déroger aux principes de la loi, des normes et des usages, comment on appliquait parfois aux affranchis les obligations et les codes en usage entre personnes libres, en les adaptant au besoin aux situations concrètes. À travers l’extrême variété des situations qu’il donne à connaître, le corpus delphique est ainsi une parfaite illustration de la formule de M. I. Finley, qui mettait l’accent « sur la distinction radicale entre le traitement plus ou moins humain d’individus esclaves par des individus maîtres et l’inhumanité de l’esclavage en tant qu’institution ». Quant aux affranchis, force est de constater que lorsqu’ils deviennent à leur tour propriétaires d’esclaves, ils reprennent le même traitement et reproduisent les mêmes codes que leurs anciens maîtres, comme s’ils ne pouvaient échapper à une sorte de déterminisme dans la construction des rapports sociaux.

Si vous souhaitez plus d’informations sur le sujet:

 http://videotheque.cnrs.fr/doc=1771

 http://histoires-courtes.fr/#page=Mulliez

« Philippes, ville de Macédoine, Société, religion et culture, au moment de la visite de Saint-Paul » 

Athanase .D. RIZAKIS 

(Université de Nancy 2 )

Au moment de la visite de Saint-Paul, Philippes était une colonie romaine, fondée au départ par Antoine et par la suite par son rival, Octave-Auguste. La cité avait alors une population mixte de Thraces, de Gréco-macédoniens et des Romains. Ces derniers étaient de préférence installés dans le centre urbain et sur quelques sites choisis de la campagne. Les indigènes peuplaient surtout cette dernière qui était composée des vici avec une population parfois mixte. Cette répartition démographique n’était pas seulement spatiale mais également sociale. La «classe» dominante de colons -qui est avant tout urbaine- transforma complètement le paysage civique et imposa une nouvelle topographie et hiérarchie religieuse. Les dieux romains qui constituent dorénavant le panthéon officiel de la nouvelle communauté dominent absolument au paysage urbain, les dieux indigènes, grecs ou thraces, sont relégués soit aux marges de la cité soit à la campagne. Une séparation similaire est observé au niveau culturel. Le latin domine dans le centre urbain et dans certaines enclaves de la campagne; c’est la langue d’expression des Romains mais aussi d’une partie des Thraces-incolae, fortement romanisés. L’usage du grec, en revanche, régresse et il est surtout utilisé par les Grecs et les Thraces, depuis longtemps hellénisés. Cette situation fait de Philippes, un terrain privilégié pour observer le jeux de contacts, d’interactions, d’échanges voire de conflits –apparents ou cachés- dans le cadre d’un Empire «globalisant» qui laisse toutefois assez d’espace libre aux cultures et croyances nouvelles.

« La grande peinture grecque sur les tombeaux de la Macédoine antique: Résultats de nouvelles recherches ».

Hariclia BRECOULAKI

(Centre de Recherche de l’Antiquité grecque et romaine de la Fondation nationale de la Recherche scientifique (Athènes). 

 La peinture funéraire de la Macédoine antique nous offre l’aperçu le plus complet de la peinture grecque de l’époque classique tardive et hellénistique. Les compositions picturales qui ornent l’intérieur et les façades des monuments funéraires ainsi que leur mobilier, préservent tous ces éléments qui nous permettent de retracer l’histoire de cet art majeur et de suivre de près les techniques que les peintres anciens employaient pour produire leurs chefs d’oeuvre. Dans cette conférence seront présentés les résultats d’un examen récent des peintures de la tombe de Philippe II et la « tombe d’Eurydice » à Aigai (Vergina), au moyen des méthodes analytiques et des photographies techniques qui renouvellent nos connaissances sur l’iconographie, les couleurs et les aspects artistiques de ces rares témoignages de l’art grec.

 

« Sissi (Crète), à l’âge du bronze: l’essor d’une communauté. Des vestiges archéologiques aux mécanismes de cohésion sociale.»

 Jan DRIESSEN

(UCL, directeur de l’Ecole Belge d’Athènes (EBSA) 

Née au début du 3e millénaire avant J.-C. sur l’île de Crète, la mystérieuse civilisation minoenne a connu un développement florissant. Les Minoens ont inventé un système d’écriture – le Linéaire A – mais celui-ci reste à ce jour indéchiffré. Nous ignorons dès lors un peu près tout de la structure sociale et politique de cette première civilisation européenne, lieu de mythes aussi célèbres que celui du Minotaure, de Dédale, du Labyrinthe ou d’Europe. L’apport de l’archéologie nous permet toutefois d’éclairer plusieurs facettes de cette civilisation. En quelques lieux fertiles de l’île, de superbes palais, tel ceux de Cnossos, Phaistos et Malia, ont été érigés vers 2000 av. J.-C. mais l’organisation territoriale de ces centres majestueux nous échappe en grande partie également. Le site archéologique de Sissi se trouve à quelques kilomètres seulement de la ville palatiale de Malia. Il a connu une occupation tout à fait contemporaine à celle de Malia (2000-1200 av. J.-C.) et appartenait très probablement au territoire de cette ville majeure. Par sa localisation, néanmoins, la colline de Sissi occupe une position stratégique, qui contrôle deux routes reliant la Crète centrale à la Crète orientale. Les fouilles qui y sont menées par l’UCL sous les auspices de l’Ecole belge d’Athènes ont permis de dégager une nécropole, un habitat de longue durée mais aussi un bâtiment à cour centrale, construit au 17ième s. av. J.-C. Comment expliquer les relations entre les sites de Sissi et Malia ? L’élite de Malia aurait-elle supporté la compétition d’un site prospère qui se développe à tout juste une heure de marche ? Notre conférence se propose d’offrir quelques hypothèses sur ces questions, qui détaillent et s’appuient sur les vestiges archéologiques mis au jour.

 

Tétra conférence sur le thème: « La Grèce antique au présent: regards croisés sur des enjeux actuels. »

V. Pirenne (ULG, Collège de France),

sur le thème du polythéisme

D. Viviers (ULB, Académie Royale de Belgique)

sur le thème de la question des modèles

P. Marchetti  (UCL, UNamur),

 sur le thème des sciences

& F.de Callataÿ (ULB, EPHE Paris, Académie Royale de Belgique), 

sur le thème de la démocratie.

 

« L’alimentation en Grèce antique »

Prof. Karine  Rivière

(Ecole Française-archéologie- d’Athènes) 

Au-delà de la subsistance ?

Alimentation et mise en ordre du cosmos en Grèce à l’époque archaïque

 

Dans le monde grec de l’époque archaïque, des poètes, penseurs et législateurs ont élaboré des systèmes visant à comprendre, à organiser tout ou partie du cosmos dans lequel devaient évoluer les hommes. Ces tentatives de mise en ordre de l’univers se sont volontiers accompagnées d’une volonté de mettre également en ordre les repas. Il convient de s’interroger sur le fait que des prescriptions alimentaires s’observent à la fois dans les poèmes hésiodiques, dans la tradition pythagoricienne mais aussi dans une constitution telle que celle des Lacédémoniens. Alors que les menus des Grecs de l’époque archaïque pouvaient s’avérer plutôt variés, comme en témoignent les sources écrites et archéologiques, le choix des denrées à consommer dépendait en pratique de conditions matérielles, de normes sociales, mais aussi, et peut-être surtout d’une certaine idée de la place de l’homme parmi les siens et par rapport aux dieux.

 

 

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